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Ground Zero : la domestication des restes ou le pouvoir de disposer

Ground Zero : la domestication des restes ou le pouvoir de disposer
Ground Zero: The Domestication of Remains or the Power of Disposal

Article (en français et traduction en anglais) et photographies argentiques originales de l'auteure parus dans Déchets / Waste, dossier dirigé par Sylvette Babin, esse arts + opinions, n˚64, 2008.

Décharge de Mbeubeuss, Dakar, Sénégal, 2007, photographies de Louise Lachapelle

La présence du déchet dans l’art actuel n’a certainement pas le même pouvoir de provocation qu’à ses premières apparitions au tout début des avant-gardes, tout comme la désacralisation de l’objet d’art par l’opposition entre « matériau pauvre » et « matériau noble » a peu de sens à une époque où les poubelles, les sites d’enfouissement et les écocentres sont devenus les nouveaux fournisseurs de matériel d’artistes. Pourtant, la collecte de matières abandonnées, la transformation des détritus, des rebuts ou des ordures – les dénominations foisonnent – et l’utilisation du déchet comme sujet photographique sont des pratiques récurrentes dans les nouvelles manifestations artistiques. Quelle portée donne-t-on à ce geste aujourd’hui ? La provocation aurait-elle fait place à la sensibilisation ? À l’heure où l’accumulation des déchets devient un sujet de plus en plus préoccupant, et le recyclage une attitude indispensable, la question écologique nous apparaîtra comme une évidence dans l’association art et déchet. On pourrait, par ailleurs, y entrevoir une critique de la société de consommation. Les dernières décennies nous ont vu produire en quantité excessive et à un rythme infernal – qui plus est, à des coûts dérisoires sur le marché du cheap labor chinois – des objets qui sont plus facilement jetés que réparés. Conséquemment, -l’approvisionnement en ressources matérielles s’avère particulièrement facile pour les artistes glaneurs. Triste privilège. Toutefois, notre intention n’est pas de faire état d’une situation dont nous sommes tous parfaitement conscients [1]. Le citoyen du 21e siècle, dont l’artiste, est certainement l’être le plus conscientisé de toute l’histoire de l’humanité. Pourtant, il poursuit sa consommation massive comme s’il s’agissait d’un état de fait irrémédiable ou du prix à payer pour le confort de l’espèce. Bien entendu, on ne saurait attribuer tous les problèmes environnementaux à la seule production de déchets – quoique le mot ne réfère pas simplement aux ordures domestiques, mais aussi aux déchets industriels, aux émanations toxiques, etc. – ni en confier la cure au seul citoyen. [...] Le paragraphe précédent laisse sous-entendre un dossier fortement engagé dans des questionnements écologiques. Ce n’est pourtant pas la voie principale empruntée par les auteurs. Non que ces préoccupations ne trouvent pas échos dans leurs essais, mais plutôt parce qu’ils répondent également à un désir d’observer d’abord le déchet pour ce qu’il est : un objet riche (ou lourd) de sens, possédant un important bagage culturel et historique, le potentiel de susciter la réflexion et le pouvoir d’être transformé en œuvre d’art. [...]
Sylvette Babin Extraits de «Le déchet : inspiration ou expiation ?», Déchets Sommaire du numéro

The presence of waste in contemporary art certainly doesn’t have the same provocative impact as when the avant-gardes used it at the beginning of the twentieth century. Similarly, the debunking of the art object through the use of “poor materials” instead of “noble materials” makes little sense at a time when garbage bins, landfill sites and drop-off centres have become the new suppliers of artists’ materials. However, the collection of discarded items, the transformation of rubbish, scrap or refuse—pick your designation—and the use of waste as subject matter for photography are recurrent practices in today’s art. What does this gesture mean nowadays? Has provocation been replaced by exposure? Now that waste accumulation has become an increasing source of worry and that recycling is no longer just an option, the ecological question certainly stands out in the association between art and waste. Moreover, one could read in this encounter a critique of consumer society. In the last decades, we have witnessed the production—in excessive quantity, at infernal speed and, moreover, at a cheap cost in Chinese factories—of objects that are more readily discarded than repaired. As a result, the supply in material resources is particularly easy for the gleaner artist—a sad privilege. Our intention is not to state a situation of which we are all aware.1 Twenty-first century citizens, including artists, are certainly the most informed in the history of humankind. However, they continue to consume massively as if this state of affairs were unsolvable or as if it were the price to pay for our species’ comfort. Obviously, we cannot blame the sole production of waste for all our environmental problems—even if the word refers not only to domestic garbage but also to industrial and toxic refuse, etc.—but neither can we entrust the task of finding a solution to citizens only. [...] The previous paragraph might suggest that this issue has a strong ecological content. It is not however the main perspective privileged by our authors. It doesn’t mean that such preoccupations are not echoed in their essays but rather that they chose to consider waste for what it is, i.e., a meaningful object, with an important cultural and historical background, which has the potential to make us think and the capacity to be transformed into an artwork. [...]
Sylvette Babin Extracts from "Waste: Inspiration or Expiation?", Waste Summary of the issue

Ground Zero : la domestication des restes ou le pouvoir de disposer sur le site de esse arts + opinions
Ground Zero: The Domestication of Remains or the Power of Disposal on the site of esse arts + opitions